Simulateur de chute libre : vivez l'expérience en toute sécurité
Une séance d'initiation en soufflerie, c'est deux vols d'environ une minute chacun. Deux minutes en l'air, pour une heure et demie sur place et un budget qui tourne autour de 60 à 90 euros. Dit comme ça, cela paraît court. C'est pourtant l'équivalent de la chute libre de deux sauts en parachute, et c'est la seule façon d'y goûter sans monter dans un avion.
Ce qu'est une soufflerie verticale
Un tube de verre de plusieurs mètres de haut, des turbines qui envoient un flux d'air vertical à environ 200 kilomètres par heure, et une grille sur laquelle vous vous posez à plat ventre. À cette vitesse, la portance exercée sur le corps compense le poids : vous ne tombez pas, vous flottez.
Ce n'est pas une imitation approximative. Deux cents kilomètres par heure est précisément la vitesse limite atteinte par un corps humain en chute libre à plat ventre, bras et jambes écartés. Les sensations sur la peau, la pression de l'air, la façon dont le moindre mouvement de main fait pivoter tout le corps : tout cela est identique à ce qui se passe à quatre mille mètres. Ce qui manque, c'est le vide sous les pieds et le paysage.
Le déroulement d'une séance
- Accueil et briefing, une vingtaine de minutes. On y apprend les quelques signes que l'instructeur utilisera dans le tube, où le bruit rend toute parole inaudible : menton relevé, jambes tendues, détends-toi. Ce sont les seuls que vous aurez à retenir.
- Équipement : combinaison, casque intégral, lunettes, bouchons d'oreilles. Tout est fourni. Prévoyez des baskets fermées et attachez les cheveux longs.
- Les vols : vous entrez avec l'instructeur, qui reste à portée de main pendant toute la durée. Il vous tient au début, vous lâche dès que la position est stable, et vous rattrape si vous partez de travers.
- Entre les vols, on s'assoit et on regarde les autres. C'est là qu'on comprend ce que l'instructeur essayait de faire corriger.
La comparaison qui recadre tout : un saut en parachute depuis 4 000 mètres offre environ 50 à 60 secondes de chute libre avant l'ouverture. Une minute de soufflerie équivaut donc à un saut, sans le temps de montée, sans l'attente, et sans les conditions météo. C'est pourquoi les parachutistes confirmés s'y entraînent : en une heure de tube, ils accumulent ce que soixante sauts leur donneraient.
La position de base, et pourquoi elle est contre-intuitive
Elle s'appelle la boîte : à plat ventre, bras écartés et fléchis, coudes à hauteur d'épaules, jambes ouvertes et genoux légèrement pliés. Le point qui pose problème à tout le monde, c'est le bassin : le réflexe est de se recroqueviller, alors qu'il faut au contraire pousser le ventre vers le bas et creuser légèrement les reins.
Les déplacements se font ensuite par variations minimes. Tendre les jambes fait reculer, les plier fait avancer. Baisser une épaule fait tourner. Augmenter la surface offerte au vent fait monter, la réduire fait descendre. Tout est affaire de quelques degrés, et la première séance sert surtout à cesser de sur-corriger.
Les techniques avancées, vol sur le dos, vol debout à la verticale, déplacements en trois dimensions, s'apprennent ensuite, sur plusieurs dizaines de minutes de vol cumulées.
Qui peut voler, et qui ne peut pas
L'activité est largement ouverte, y compris aux enfants dès quatre ou cinq ans selon les centres, et ne demande aucune condition physique particulière : la portance fait le travail, pas les muscles. Quelques restrictions reviennent partout et se vérifient avant de réserver.
- Le poids : la plupart des centres fixent une limite autour de 110 à 120 kg, liée au réglage des turbines.
- Les épaules : c'est la vraie contre-indication de cette activité. Le flux d'air exerce une traction permanente sur les bras écartés, et une épaule déjà luxée peut ressortir. Signalez tout antécédent de luxation ou d'opération : l'instructeur adaptera la position ou refusera le vol.
- Le dos et la nuque : la position creuse le bas du dos pendant une minute. Hernie discale ou cervicalgie récente sont des motifs d'abstention.
- Grossesse : refusée par les centres.
- Cœur et oreilles : problèmes cardiaques, troubles de l'équilibre, otite ou tympan perforé récents justifient un avis médical préalable.
Les mineurs volent accompagnés d'un adulte responsable, avec autorisation parentale signée.
Ce que cela coûte
Le prix se compte en vols, chaque vol durant une minute environ. Une formule découverte à deux vols se situe couramment entre 60 et 90 euros selon le centre et le créneau, les week-ends et vacances scolaires étant plus chers. Le prix à la minute baisse nettement sur les formules à six, dix ou vingt vols, qui s'adressent à ceux qui veulent progresser.
Deux postes s'ajoutent presque toujours et méritent d'être anticipés : la vidéo du vol, vendue séparément, et l'assurance ou la licence de découverte, quelques euros, parfois obligatoire. Vérifiez également la politique en cas d'annulation : contrairement au parachutisme, la soufflerie ne dépend pas de la météo, et un centre qui reporte pour maintenance doit vous proposer un autre créneau.
Où voler en France
Une dizaine de souffleries verticales sont en service sur le territoire, réparties entre la région parisienne, le Nord, la région lyonnaise, le Sud-Est et le Sud-Ouest. Elles fonctionnent toute l'année, en intérieur, ce qui en fait une activité indépendante de la saison.
Existent aussi des simulateurs mobiles, montés sur remorque pour les événements, et des installations professionnelles utilisées pour l'entraînement militaire ou sportif de haut niveau, avec des tubes plus larges et des vitesses réglables sur une plage plus étendue.
Pour choisir, deux critères pratiques : le diamètre du tube, qui conditionne le confort et la possibilité de voler à plusieurs, et la durée réelle des vols, certains centres vendant des sessions de 45 secondes plutôt que d'une minute pleine. Comparez le prix à la minute, pas le prix du forfait.
La soufflerie est devenue un passage classique dans la formation au parachutisme sportif. Elle permet d'acquérir la stabilité en chute libre au sol, là où un élève en progression accompagnée n'a qu'une minute par saut pour travailler, et où chaque erreur coûte un saut entier. Quelques minutes de tube avant les premiers sauts font gagner plusieurs séances sur l'ensemble du cursus, et suppriment l'essentiel du stress du premier départ : le corps sait déjà ce qu'il doit faire.